dimanche 7 mai 2017

La table du salon

Nous avions du rab de bois de charpente et envie d'une table à manger plus grande... on l'a donc fabriquée. Ça permet de faire un interlude cool et gratifiant dans les travaux.

On commence par la conception. Le premier grand débat se porte sur les dimensions et la position des pieds. Mon but était qu'on puisse s'asseoir tout autour sans avoir de pieds qui empêchent d'avancer la chaise. Nous avons donc opté pour des pieds en X. Ils sont aussi à 35cm des bouts pour laisser la place des jambes.
Quelques mensurations:
Hauteur 74cm
Largeur 88cm
Longueur 2,25m
Épaisseur du plateau 6cm
Pieds 12*12cm

On peut y loger à 8 grand confort, à 10 confort.

On commence par faire le plateau. Les planches (plus des bastaings que des planches...) sont assemblées avec des chevilles et collées. Merci à Papy pour la perceuse sur socle !
Pour info, le bois est hyper sec. Si ce n'est pas le cas, mettez le à l’intérieur plusieurs semaines avant pour qu'il se rétracte.

On choisit les faces qui seront dessus puis on marque bien là où tombent les chevilles.


On perce toujours à la même distance du bord, tous les 10cm ici (écart totalement improvisé).


On place les chevilles et on fait un test d'assemblage à sec, si c'est bon on colle. Si c'est pas bon on élargit les trous qui tombent pas nickel en face.


Et voila pour la base du plateau. On serre l’ensemble pendant que ça sèche. Il y a encore du boulot...


Quand c'est sec, on coupe les bords avec un rail.



On assemble l'ensemble avec des traverses. Elles recevront les pieds en X.



On coupe et colle les bouts. On marque bien les trous avant de percer. Les trous sont fait à l'aide d'un gabarit de chevillage (visible sur les photos) qui permet de garder toujours la même distance au bord et de percer droit.




La traverse au bout est aussi vissée avec 2 vis 8*180mm. Pour être sûr que ça résiste au poids. Les trous des vis sont rebouchés avec de la pâte à bois.

Il faut maintenant passer le rabot et poncer jusqu'à avoir un état de surface satisfaisant (commencer en grain 50 ou 80). On bouche les fissures à la colle à bois.



On  passe la plane sur les angles, on refait une passe de ponçage en grain 120 sur l'ensemble, on arrondit les angles puis on passe la première couche d'huile (huile de plan de travail incolore).



On huile le dessus et le dessous (pour que l'ensemble travaille de manière homogène).
Pendant que ça sèche on attaque les pieds. On commence par poncer, couper la longueur et marquer les mi-bois.



Pour calculer les pieds, j'ai fait un petit schéma avant en prenant en compte la hauteur et la largeur, j'en ai déduis les coupes pour un X à 90°.



On pré-coupe les mi-bois avec la scie circulaire et une butée en profondeur. On finit au ciseau à bois et à la rappe. On repasse un coup de ponceuse sur les arrêtes.





On assemble les X pour tester. Quand c'est bon on coupe et on fixe la traverse des pieds avec 4 vis qui seront cachées dans le mi-bois.



On fixe le X avec une vis de charpente 8*140mm. On assemble les pieds et on huile tout ça.



On pré-perce les trous pour l'assemblage entre les pieds et le plateau. On met les pieds de coté et on passe la deuxième couche d'huile sur le plateau.



 

On finit par un passage de ponceuse en grain 240 (quasiment du polish) puis une petite finition d'huile au chiffon là où c'est nécessaire. Et on assemble tout ça. Voilà notre nouvelle table !



Merci à Sixtine pour avoir joué du ciseau et poncé patiemment tous les pieds !

Voici quelques chiffres.
Le bois a coûté environ 250€, avec les chevilles, les vis de charpentes, la colle et la pâte à bois, on arrive à environ 300€.
Le temps de réalisation est d'environ 20h.

dimanche 19 mars 2017

Les enduits du couloir

Les enduits du couloir ont été réalisés avec la même technique que ceux des chambres. A la différence près que le support est en canisse, que la finition est talochée uniquement (pas lissée) et que l'enduit est posé en une seule couche assez fine (juste de quoi recouvrir la canisse).
La préparation du support ici dépend de la méthode d'application de l'enduit. Si vous le projetez (ce qu'on a fait ici), aucune préparation n'est nécessaire, l'enduit se faufile bien entre les canisses à la projection. Si vous l'appliquez à la main, il faut faire une pré-couche pour que ça tienne.
Nous avons utilisé l'enduit TerrArgile blanc de saint Ferreol que nous avons déjà. Je le redis mais à choisir, prenez un autre fournisseur. Cet enduit a le sable trop gros, le mélange est difficile à appliquer et accroche difficilement. En plus, vu que le sable est gros, le sable va au fond du big-bag pendant le transport. Du coup on perd environ 20% de chaque big-bag car le sable seul ça fait pas vraiment de l'enduit... Bref, à refaire on prendrait du Akterre, plus cher mais plus facile à appliquer et au rendu plus fin.

On commence par tout protéger en mode Dexter.


 Et on envoie...


On enlève toutes les protections, on pose les plinthes, et voila le couloir de toute beauté ! Cela a pris 4 jours à une personne pour environ 35m2 (préparation et enduits).


On a enfin fini les enduits dedans ! La prochaine étape sera les enduits extérieurs !

mardi 7 février 2017

Le garage de Claire et Guillaume

Parce qu'on aime bien ça et qu'on est super cool 😎, on a aidé nos amis Claire et Guillaume à construire leur garage/cabanon/abris de jardin en bois. C'est un garage de 20m² qui peut être construit avec une déclaration de travaux seulement.
Ils ont défini les dimensions au sol, fait faire la dalle par un maçon, et nous avons fait les plans et l'ossature du garage. Voici l'objectif.



Le plan Sketchup est téléchargeable ici.

La structure est une ossature poteau-poutre classique en Douglas. Légèrement surdimensionnée je pense, n’étant pas des pros, on assure le coup. La couverture est dimensionnée pour tenir environ 130kg/m², elle pourrait recevoir de la tuile dans la mesure où en région toulousaine nous avons peu de neige. Mais dans une région à neige, je conseille de renforcer les chevrons et la panne faitière. Pour info, je trouve que ce site explique bien les choix de sections et le vocabulaire de charpente.

Les sections utilisées sont les suivantes (en mm):


  • Bardage Douglas - 135*20
  • Panneaux CTBH 204cm*91cm - 19mm

En ce qui concerne le budget, nous en avons eu pour environ 3000€ :
  • Fourniture bois en scierie (ossature, panneaux et bardage) - 1850€
  • Quincaillerie (équerres, visserie, goujons, fenêtres, porte de service, porte de garage) - 800€
  • Couverture (pare-pluie, bardeaux shingle, colle et pointes) - 350€
 Le temps de montage a été de 10 jours (8 jours à 2, 2 jours à 3, 1 jour seul).

Et parce que rien ne remplace les images, voici  une petite vidéo des étapes de montage.


video

Maintenant nous allons un peu décrire tout ça dans les détails.

Nous commençons par les poteaux.
Les découpes droites sont faites à la scie circulaire. On fait tout le tour et on finit le cœur à la scie à main. Les assemblages tenon-mortaise sont prévus, mais pour ne pas trop s’embêter, nous les avons fait à la défonceuse avec une fraise plongeante. Les arrondis des angles sont ensuite faits à la plane sur les entraits pour que ça s'emboite. Les assemblages peuvent être faits avec des sabots métalliques (c'est moins élégant et plus cher, c'est cependant plus simple si vous n'avez pas beaucoup d'outillage).

 

Les pannes sont emboitées en entier dans les poteaux. La première découpe est faite à la circulaire, puis on égalise à la main. On fait ensuite des trous à la perceuse avec un foret assez long pour tout traverser et on finit au ciseau à bois. Cet assemblage est assez long à faire.




 Les encoches des chevrons prenant sur les poteaux sont aussi faites à la défonceuse. Voici les poteaux prêts à être montés.



On commence par poser les poteaux. On place au préalable une bande de rupture de capillarité pour éviter que l'humidité ne remonte dans le bois par la dalle. Les poteaux sont fixés au sol avec des équerres métalliques. Ils sont stabilisés temporairement avec des liteaux (ou n'importe quelle section pas trop grosse) que l'on visse, en diagonale. On plante des petits piquets en bois dans le sol pour cela.
On place ensuite le deuxième poteau et l'entrait. Il faut bien penser à ajouter la profondeur des mortaises à la longueur de ces derniers. Ils sont vissés avec deux vis 6*120 qui traversent le poteau et l'entrait.





On enchaine sur les autres cadres. A ce stade, on peut commencer à contreventer les poteaux entre eux. On met en place les contre-fiches là où c'est possible.





 On place ensuite les pannes sablières. On les fait dépasser de 6cm de chaque coté des poteaux pour permettre la fixation future des planches de rive. Les sablières sont aussi fixées avec deux vis 6*120 sur chaque poteau. On place dans la foulée les contrefiches (1m de longueur, fixées avec 2 vis 5*80 par extrémité).

  
La sablière du fond est en deux parties. On effectue une coupe en sifflet pour la jonction au niveau du poteau central. On met une vis 6*120 dans cette jonction pour la renforcer.


Petite photo des travailleurs avec Guillaume et Franck :-)
 On place là aussi les contrefiches et on enchaine sur la panne faitière. Comme les autres il y a une coupe en sifflet au poteau central et un débord de 6cm.


 On place ensuite les chevrons correspondants à chaque entrait. Les usinages ont été faits pour que les chevrons s’emboîtent dans les poteaux. Il sont coupés en biais avec un angle correspondant à la pente de toit.


 On place tous ces chevrons (que l'on pourrait appeler arbalétriers dans ce cas) et on met partout les contre-fiches. On peut ensuite enlever les contreventements provisoires (liteaux). La structure à ce stade est normalement bien rigide.


 On enchaîne sur la pose des chevrons partout. Ils reposent sur une lierne (muralière sur une panne si l'on veut). J'ai fait ce choix pour ne pas avoir à combler les jours entre les chevrons à posteriori (jour existant quand les chevrons reposent sur la sablière). Chaque chevron est fixé avec une vis 6*120, en diagonale au dessus et en traversant la sablière en bas.


 
 

 On place les panneaux de CTBH (de l'OSB 18mm aurait aussi fait l'affaire) en commençant par le faitage. On les fixe avec des vis 5*80, on aurait aussi pu les clouer. On laisse un débord de 6cm partout en passant un coup de circulaire pour finir propre. La pose des panneaux vient bien renforcer le contreventement de l'ensemble.



 

On place le pare-pluie qui protège immédiatement la couverture. On part du bas en déroulant des lés horizontaux. On agrafe la partie qui sera recouverte et les bords. On remonte en recouvrant les lés d'environ 10-15cm. Le lé du faitage recouvre les deux pans. Le pare-pluie doit déborder un peu en bas de pente pour que l'eau ruisselle bien dans les gouttières (quand il y en aura).


 On a choisi de couvrir avec des bardeaux de shingle. L’esthétique est sympa et c'est pas cher du tout. Cette vidéo explique bien le principe de la pose et les quantités à prévoir. C'est plutôt agréable à poser.
 On commence par le bas et on remonte tranquillement. Les coupes se font au cutter et la fixation avec des clous adaptés. C'est sensé être thermocollant, mais à priori un point de colle à chaque bardeau est conseillé.

 



 

 A ce stade nous avons un beau préau, on a presque envie de le garder comme ça !


Mais bon, c'est pas pratique un garage sans murs. On met en place l'ossature qui servira de support au bardage. Nous utilisons de la section type chevrons 60*80. Contre les poteaux et sur le sol, des lisses 30*60. Les lisses au sol sont fixées avec des chevilles à frapper, les lisses contre les poteaux avec des vis 5*60. Les montants d'ossature sont fixés avec des vis 5*80 en diagonale.


 Les cadres de fenêtre sont réalisés juste avant la pose. Un petit joint compribande est appliqué pour la bonne conscience.


Les fenêtres sont fixées avec des vis 5*60. On place aussi la porte de service dans la foulée. Quand on place les portes et les fenêtres, il faut veiller à avoir un bon équerrage. Pour cela il faut mesurer les diagonales des cadres et s'assurer qu'ils soient égaux.

A ce stade, on peut commencer à barder. On place une lame entière en bas pour commencer et on vérifie son niveau. Ce sera la base du mur. Le bardage est vissé avec des petites vis à parquet 3.5*4.5. On met les vis au niveau du recouvrement pour les cacher le plus possible. La goulotte femelle du bardage doit bien être mise en bas pour éviter la stagnation d'eau.









Au niveau des zones compliquées, on n'échappe pas à des découpes en biais et des délignages. On fait tout ça à la circulaire et à la scie sauteuse.



 On pose enfin la porte de garage. Il a fallu acheter des gonds à visser pour prendre dans le bois (la porte est vendue pour des murs maçonnés). Il a fallu aussi recouper un peu les bords à la circulaire pour que tout rentre bien. On commence par poser les gonds du haut, on pose la porte puis on place les autres directement dans les pentures. Sur chaque gond à visser on ajoutera une vis "1way" indémontable pour la sécurité.


On a ajouté un petit appentis démontable (car non déclaré dans la surface de toiture) sur le coté pour stocker le bois de chauffage. Il est fait avec le reste de bois non utilisé et est emboité sur les poteaux avec des gonds et des pentures en T. On y met aussi du pare-pluie, il sera couvert en shingle comme le toit.


On termine par les planches de rive qui viennent cacher les découpes en biais  et le pare-pluie qui déborde des pignons. On met une planche en façade et une planche par dessus le shingle pour s'assurer qu'il ne bouge pas avec le vent. Elles sont fixées avec des vis 5*60. Et voila le travail !



En prime, Guillaume a une super caméra qui nous offre une petite visite 3D de l'intérieur ! (cliquez sur le lien puis cliquez sur la photo et baladez vous avec la souris)
Et pour finir un grand merci à ceux qui sont venu donner un coup de main, Seb, Franck et Hubert et une ovation à Claire qui nous a préparé un bon repas chaque midi !